Boost Tes Finances - Loïc VIAU
Retraite

Préparer sa retraite quand on est indépendant : ce que personne ne verse à votre place

Chaque mois, pour un salarié, quelqu'un met de l'argent de côté pour sa retraite sans qu'il y pense : son employeur.

Près de 500 € par mois pour un salaire de 3 000 € brut, en plus de ce qui est retenu sur la fiche de paie.

Quand vous êtes indépendant, ce quelqu'un, c'est vous.
Personne ne cotise à votre place.

Voici ce que cela change, et surtout ce que vous pouvez faire.

Salarié : quelqu'un cotise pour vous

Sur une fiche de paie, le salarié ne voit que ce qui lui est retenu. Il ne voit pas ce que l'employeur ajoute par-dessus, et qui lui est pourtant destiné.

Pour la seule retraite, c'est près de 500 € par mois pour un salaire de 3 000 € brut. Retraite de base, retraite complémentaire : l'employeur paie sa part à chaque paie, sans que le salarié ait rien à faire.

Dans certaines entreprises, cela va plus loin : un plan d'épargne retraite collectif, où l'employeur ajoute de l'argent à chaque versement du salarié.

Le salarié n'a rien décidé, rien calculé, rien versé de lui-même. Sa retraite se construit toute seule. C'est exactement ce confort qui disparaît le jour où l'on devient indépendant.

Indépendant : le patron, c'est vous

Un artisan, un commerçant, un consultant ou un professionnel libéral cotise aussi pour sa retraite. C'est obligatoire. Mais avec une différence de taille : il paie tout lui-même. Il n'y a pas de part employeur, puisque l'employeur, c'est lui.

Et comme beaucoup d'indépendants se rémunèrent peu, surtout les premières années, ils cotisent sur une base plus faible. Moins de cotisations, c'est moins de droits.

Le résultat se voit à l'arrivée : en moyenne, la pension d'un ancien indépendant représente entre la moitié et les trois quarts de celle d'un ancien salarié, selon son parcours. Si vous êtes micro-entrepreneur, c'est encore plus vrai : la retraite est noyée dans votre forfait, et vous ne validez vos trimestres qu'à partir d'un certain chiffre d'affaires.

Autrement dit : le régime obligatoire d'un indépendant est un socle, pas une retraite. Le reste est à construire. Par vous.

Vivre de son activité ne suffit pas

Vivre de son activité, c'est déjà difficile. Mais vivre ne suffit pas : il faut aussi dégager la marge qui permet d'investir.

Un employeur ne « décide » pas chaque mois de financer la retraite de ses salariés. La cotisation fait partie du coût du poste. Elle est dans ses prix avant même qu'il parle de bénéfice.

Faites la même chose. Votre tarif doit contenir une ligne « retraite », de quelques centaines d'euros par mois, que vous mettez de côté par virement automatique le jour où vous vous payez. Pas « quand ça ira mieux ». Dès maintenant, même modestement.

Les indépendants qui arrivent à la retraite sans mauvaise surprise ne sont pas ceux qui ont gagné le plus. Ce sont ceux qui ont facturé cette ligne dès le départ, et qui l'ont fait travailler pendant vingt ou trente ans.

Quelles solutions ? Investir, vous avez la main

C'est le paradoxe de la situation. Le salarié a un système confortable mais figé : il ne choisit ni les montants, ni les placements, ni le moment de la sortie. L'indépendant part de plus bas, mais il a tous les leviers en main. Et certains sont plus efficaces que les régimes des salariés.

Le plan d'épargne retraite, pour cotiser avec l'aide des impôts

C'est l'outil le plus direct. Ce que vous versez sur un plan d'épargne retraite est déduit de votre bénéfice imposable, dans une limite propre aux indépendants, plus large que celle des salariés. Concrètement, l'État finance une partie de votre effort, à hauteur de votre tranche d'imposition.

Trois choses à savoir avant de verser :

Pour compter sur l'année en cours, le versement doit être fait avant le 31 décembre. En octobre, vous connaissez assez bien votre résultat pour décider du montant sans attendre la dernière semaine.

Quel capital pour quelle rente ?

Combien faut-il avoir mis de côté pour compléter votre pension de 500 €, 1 000 € ou 1 500 € par mois ? La réponse en 30 secondes.

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L'assurance-vie, pour garder la main

Pas de déduction à l'entrée, mais l'argent reste disponible à tout moment, la fiscalité s'allège après huit ans et la transmission est avantageuse. Pour un indépendant dont les revenus varient, c'est le complément naturel du plan d'épargne retraite : l'un pour l'impôt, l'autre pour la souplesse.

L'immobilier locatif, pour des revenus à la retraite

Un bien acheté à crédit pendant la vie active, remboursé en partie par les loyers, devient à la retraite un revenu qui ne dépend d'aucun régime. L'indépendant est souvent mieux placé qu'il ne le croit : il maîtrise sa rémunération, donc sa capacité d'emprunt, à condition de la préparer avec son expert-comptable.

Un plan d'épargne retraite d'entreprise, si vous avez au moins un salarié

En société, vous pouvez mettre en place un plan d'épargne retraite d'entreprise dont vous profitez vous-même en tant que dirigeant. L'entreprise verse pour vous, comme elle le ferait pour un salarié, avec un traitement fiscal et social favorable. C'est, au sens propre, redevenir votre propre employeur qui cotise.

Votre entreprise elle-même

Pour beaucoup d'indépendants, la vente ou la transmission de l'activité est le premier capital retraite. Cela se prépare dix ans avant, pas l'année du départ. Et une règle de prudence : ne faites jamais reposer toute votre retraite sur un seul actif, surtout celui que vous dirigez.

La prévoyance, avant tout le reste

Un arrêt de travail long ou une invalidité entre 45 et 60 ans ruine plus de retraites d'indépendants que les mauvais placements. Le régime obligatoire indemnise peu et tard. Avant d'optimiser, assurez votre revenu : c'est ce qui garantit que votre ligne « retraite » continuera d'être payée quoi qu'il arrive.

Mon avis de conseiller

Quand je reçois un indépendant, je commence rarement par le placement. Je commence par sa facturation : est-ce que son prix contient sa retraite ? Dans la majorité des cas, non. Il se verse ce qui reste, et il reste rarement assez pour investir.

Un salarié n'a pas ce problème : quelqu'un a fixé la règle à sa place. L'indépendant doit se fixer la règle lui-même, et l'automatiser, sinon elle ne tient pas. Ensuite seulement vient l'ordre des outils : la prévoyance d'abord, le plan d'épargne retraite pour l'impôt, l'assurance-vie et l'immobilier pour la liberté.

Questions fréquentes sur la retraite des indépendants

Qui cotise pour la retraite d'un indépendant ?

Lui seul. Un salarié voit son employeur payer une part importante de ses cotisations retraite, près de 500 € par mois pour un salaire de 3 000 € brut. Un indépendant paie l'intégralité de ses cotisations, souvent sur un revenu plus faible, et il n'y a pas de part employeur.

Les indépendants touchent-ils une retraite plus faible que les salariés ?

En moyenne, oui. Selon le Conseil d'orientation des retraites, la pension d'un ancien indépendant représente entre la moitié et les trois quarts de celle d'un ancien salarié, selon qu'il a cotisé à un seul ou à plusieurs régimes. Le régime obligatoire est un socle, à compléter soi-même.

Que peut faire un indépendant pour compléter sa retraite ?

Facturer sa retraite dans ses prix et l'épargner automatiquement, puis investir : un plan d'épargne retraite dont les versements sont déduits du bénéfice (à faire avant le 31 décembre), l'assurance-vie pour la souplesse, l'immobilier locatif pour les revenus, un plan d'épargne retraite d'entreprise s'il a au moins un salarié. Et une prévoyance pour protéger l'ensemble.

Quand l'économie d'impôt d'un versement sur un plan d'épargne retraite est-elle perçue ?

L'année suivante : un versement fait avant le 31 décembre réduit le bénéfice de l'année, déclaré au printemps suivant, et l'économie d'impôt est constatée l'été suivant. En contrepartie, l'argent est bloqué jusqu'à la retraite, sauf exceptions (achat de la résidence principale, accidents de la vie, liquidation judiciaire de l'entreprise, fin des droits au chômage), et il est imposé à la sortie.

Ce qu'il faut retenir

Salarié, votre employeur cotise pour votre retraite sans que vous ayez rien à décider. Indépendant, le patron c'est vous : personne ne verse à votre place, et le régime obligatoire ne donne qu'un socle.

La réponse n'est pas de cotiser plus au régime. C'est de facturer votre retraite comme un coût, de l'épargner automatiquement, et d'investir avec les outils que vous avez en main : le plan d'épargne retraite pour l'impôt, l'assurance-vie et l'immobilier pour la liberté, un plan d'entreprise si vous avez des salariés, et une prévoyance solide pour protéger le tout.

Et pour le plan d'épargne retraite, une seule date à retenir : le 31 décembre.

Pour aller plus loin : combien vous pouvez déduire sur un plan d'épargne retraite, plan d'épargne retraite ou assurance-vie et la perte de revenu à la retraite.

Ordres de grandeur issus de l'Urssaf (taux de cotisations 2026 des salariés et des indépendants) et du Conseil d'orientation des retraites (« La retraite des non-salariés »). Les règles fiscales détaillées du plan d'épargne retraite sont dans notre article sur le plafond de déduction.

Loïc VIAU
Loïc VIAU

Conseiller en gestion de patrimoine, indépendant des banques et des assureurs. J'aide les particuliers et les chefs d'entreprise à investir et transmettre sereinement. Premier rendez-vous sans engagement. Prendre rendez-vous →

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