+1,4 point. C'est la hausse des prélèvements sociaux sur l'épargne en 2026. Anodin sur le papier - mais tout dépend de l'enveloppe où dort votre argent : certaines y échappent totalement, d'autres non. Voici qui paie, qui est épargné, et ce que ça change vraiment pour vous.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur le capital de 9,2 % à 10,6 %, soit +1,4 point. Le taux global des prélèvements sociaux passe ainsi de 17,2 % à 18,6 % - mais uniquement sur une partie des revenus du capital. Le diable est dans le détail, et ce détail peut peser sur vos décisions d'épargne.
Ce qui reste à 17,2 %, ce qui passe à 18,6 %
La hausse vise le capital financier. L'immobilier locatif détenu en direct, lui, est épargné.
| Reste à 17,2 % | Passe à 18,6 % |
|---|---|
| Revenus fonciers (location nue) | PEA (au-delà de 5 ans) |
| Plus-values immobilières | Dividendes et intérêts |
| SCPI de rendement | Plus-values mobilières (compte-titres) |
| Assurance-vie, fonds euros | Location meublée (LMNP) |
| PEL / CEL, PER en rente | Crypto-actifs, PER en capital |
À noter aussi : la flat tax (le prélèvement forfaitaire unique sur les placements financiers) passe de 30 % à 31,4 % - soit 12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux.
Concrètement, ça coûte combien ? L'exemple du PEA
Le PEA est l'enveloppe préférée des épargnants en actions : après 5 ans, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux s'appliquent, au moment du retrait. C'est donc l'enveloppe la plus directement concernée par la hausse.
Prenons un épargnant qui place 10 000 € au départ, puis 200 € par mois sur son PEA pendant 20 ans, avec un rendement de 6 % par an :
| Au moment du retrait, après 20 ans | Montant |
|---|---|
| Total versé (10 000 € + 200 € × 240 mois) | 58 000 € |
| Capital constitué | 125 510 € |
| Gains imposables | 67 510 € |
| Prélèvements sociaux avant la réforme (17,2 %) | 11 612 € |
| Prélèvements sociaux après la réforme (18,6 %) | 12 557 € |
| Surcoût dû à la loi de finances 2026 | + 945 € |
Le repère simple à retenir : pour 100 000 € de gains, la réforme coûte 1 400 € de plus. Modeste à l'échelle d'un PEA bien rempli - mais d'autant plus sensible que votre capital grossit. C'est tout l'enjeu : plus votre épargne prend de l'ampleur, plus le choix de l'enveloppe pèse dans la balance.
Alors, quelle enveloppe choisir ?
La hausse ne disqualifie pas le PEA : ses gains restent exonérés d'impôt sur le revenu, là où un compte-titres ordinaire subirait la flat tax de 31,4 % (près de 21 200 € sur nos 67 510 € de gains, contre 12 557 € sur le PEA). Mais il serait trompeur d'en conclure qu'une enveloppe serait « la meilleure » dans l'absolu.
Car la réforme rebat justement les cartes : l'assurance-vie, elle, reste à 17,2 % de prélèvements sociaux. Sur ce point précis, elle reprend même un léger avantage sur le PEA - en plus de ses atouts propres : la sécurité du fonds euros, la souplesse des rachats à tout moment, et un cadre de transmission particulièrement avantageux au décès.
Il n'y a donc pas de gagnant unique. Le PEA brille pour investir en actions sur le long terme ; l'assurance-vie pour la souplesse, la sécurité et la transmission ; et l'immobilier (revenus fonciers, SCPI de rendement) échappe carrément à la hausse en restant à 17,2 %. Le bon arbitrage dépend de vos objectifs, de votre horizon et de votre situation familiale - pas d'une règle universelle.
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Lancer le simulateurLa vraie question n'est pas « 1,4 point de plus, est-ce grave ? », mais « mon épargne est-elle dans la bonne enveloppe ? ». Un même placement peut être taxé à 17,2 %, 18,6 % ou 31,4 % selon le contenant choisi - et sur 20 ans, cet écart pèse bien plus lourd que la réforme elle-même. C'est exactement le genre d'arbitrage qu'un premier échange de 30 minutes permet de poser à plat.